Avant de continuer : cet article fait partie d’un ensemble. Pour la vue d’ensemble des usages de l’IA en restauration, voir le guide complet.
Un contrôle de la DGCCRF ne prévient pas, et il ne s’attarde pas sur la qualité de ta cuisine. Il regarde ce qui est affiché : le prix sur la devanture, la carte des cinq vins, la mention de l’eau gratuite, l’origine de la viande, la liste des allergènes tenue à jour, le logo fait maison s’il est revendiqué. Ce sont des obligations précises, dispersées dans plusieurs textes, qui changent au fil des décrets, et qui se paient en amende quand elles manquent. Tenir cet affichage à jour est un travail ingrat et répétitif, sans valeur perçue par le client tant que tout va bien. C’est exactement le genre de tâche où l’IA peut faire gagner du temps de mise au propre, à condition de comprendre ce qu’elle prépare et ce qu’elle ne garantira jamais.
Cet article propose une checklist d’affichage et de conformité, poste par poste : l’obligation, ce que l’IA aide à produire ou à vérifier, et le garde-fou. La règle d’ensemble tient en une phrase. L’IA met en forme un brouillon et signale ce qui semble manquer, mais elle ne garantit aucune conformité. La vérification finale, à la source réglementaire et fiche technique en main, reste ta responsabilité de professionnel.
La frontière qui rend l’IA utile sans te mettre en faute
Avant d’ouvrir le moindre outil, traçons la ligne. C’est elle qui transforme l’IA en aide plutôt qu’en piège sur un contrôle de conformité.
Ce que l’IA fait bien : mettre en forme une carte propre avec prix TTC, générer un affichage extérieur lisible, dresser une première liste d’allergènes à partir d’une recette détaillée, rédiger la mention fait maison au bon format, repérer qu’une mention obligatoire semble absente d’un projet de carte, traduire la carte pour les touristes. Sur ces tâches de production et de signalement, elle te fait gagner du temps.
Ce que l’IA ne fait pas, c’est garantir que tu es en règle. Elle ne certifie aucune conformité : qu’un taux de TVA soit le bon, qu’une mention soit à jour, qu’un allergène ne se cache pas dans un produit transformé, cela se vérifie à la source et fiche en main. Elle ne connaît pas tes produits réels : l’origine d’une viande vient de ton bon de livraison, pas d’une déduction. Elle invente des chiffres quand elle ne les a pas. Et elle ne porte aucune responsabilité : en cas de contrôle, c’est ton établissement, pas le modèle.
L’IA prépare l’affichage et signale ce qui manque. Toi seul vérifies à la source et engages ta responsabilité : aucun outil ne garantit la conformité à ta place.
La checklist d’affichage et de conformité, poste par poste
Voici les sept postes à tenir. Chacun se lit en trois temps : l’obligation, ce que l’IA aide à produire ou vérifier, le garde-fou.
1. Affichage des prix à l’extérieur
L’obligation : la liste des menus ou la carte du jour doit être affichée à l’extérieur de l’établissement pendant toute la durée du service, et au moins à partir de 11h30 pour le déjeuner et de 18h pour le dîner. Doivent aussi figurer les prix de cinq vins, ou de cinq boissons couramment servies si l’établissement ne sert pas de vin (arrêté du 27 mars 1987 sur Légifrance, DGCCRF, restaurants droits et obligations).
Ce que l’IA aide à produire : elle met en forme un panneau extérieur clair à partir de ta carte, présente les cinq vins ou boissons, et vérifie la cohérence des prix entre l’affichage extérieur et la carte intérieure que tu lui fournis.
Garde-fou : l’IA ne connaît ni tes horaires réels ni tes prix du jour, et ne contrôle pas que l’affichage est bien sorti à 11h30. La présence physique de l’affichage et son exactitude restent ton contrôle.
2. Affichage à l’intérieur, prix TTC et service compris
L’obligation : à l’intérieur, des cartes ou menus identiques à ceux affichés à l’extérieur doivent être à disposition des clients. Les prix sont affichés toutes taxes comprises. Dans les établissements où le service est facturé, le prix affiché comprend taxes et service, avec la mention « prix service compris » (DGCCRF, restaurants).
Ce que l’IA aide à produire : elle génère une carte intérieure cohérente avec l’affichage extérieur, applique la mention service compris au bon endroit, et signale une incohérence apparente de prix entre les deux supports.
Garde-fou : que tes prix soient bien affichés TTC, c’est un calcul que tu poses sur tes vrais coûts. L’IA reproduit le format, elle ne valide pas le montant.
3. Information sur les 14 allergènes
L’obligation : depuis le règlement européen INCO 1169/2011, transposé en France par le décret n° 2015-447 du 17 avril 2015, l’information sur la présence des 14 allergènes dans les plats non préemballés est obligatoire. Elle doit être écrite, lisible et visible, soit directement affichée, soit accessible librement par le client via un support écrit indiqué comme disponible (article R. 112-13 du Code de la consommation, décret 2015-447 sur Légifrance).
Ce que l’IA aide à produire : à partir d’une recette ou d’une fiche technique détaillée ingrédient par ingrédient, elle rapproche chaque ingrédient des 14 allergènes réglementaires et propose une première liste par plat. Elle structure aussi un tableau d’allergènes lisible pour le registre.
Garde-fou : c’est le poste le plus risqué. Un allergène se cache souvent dans un produit transformé (gluten d’une panure, moutarde d’une vinaigrette, soja d’une sauce, sulfites d’un vin de cuisson). L’IA ne connaît pas la composition réelle des produits que tu achètes : chaque ligne se recoupe avec l’étiquette du fournisseur. La liste sortie par l’IA est un brouillon à vérifier, jamais une déclaration prête à afficher.
4. Origine des viandes (bovine, porcine, ovine, volaille)
L’obligation : l’affichage de l’origine est obligatoire et définitif pour les viandes bovine, porcine, ovine et de volaille achetées crues et cuisinées sur place. On indique l’origine quand naissance, élevage et abattage ont lieu dans le même pays, sinon le détail né, élevé, abattu. L’obligation, d’abord temporaire, a été rendue pérenne par le décret n° 2025-141 du 13 février 2025. Le non-respect est puni d’une amende jusqu’à 1 500 euros, 3 000 en cas de récidive (service-public, origine des viandes en restauration, décret 2025-141 sur Légifrance).
Ce que l’IA aide à produire : elle met en forme l’affichage au bon format de mention à partir des informations d’origine que tu lui donnes, et te rappelle quelles viandes sont concernées et quelle formulation utiliser selon le cas (même pays ou pays différents).
Garde-fou : l’origine réelle ne se déduit pas d’une recette. Elle vient de tes bons de livraison et de tes fournisseurs, et elle change quand tu changes d’approvisionnement. L’IA met en forme une donnée que tu lui fournis, elle ne la connaît pas et ne la vérifie pas.
5. Mention « fait maison »
L’obligation : un plat « fait maison » est élaboré sur place à partir de produits bruts. Si tu revendiques le fait maison, la mention ou le logo s’applique, et l’information « Les plats faits maison sont élaborés sur place à partir de produits bruts » doit être portée de façon visible (décret n° 2014-797 du 11 juillet 2014 sur Légifrance).
Ce que l’IA aide à produire : elle rédige la mention légale au format exact, signale les plats de ta carte qui semblent éligibles selon la composition que tu décris, et prépare un libellé cohérent sur la carte et les supports.
Garde-fou : qu’un plat soit réellement fait maison dépend de tes produits bruts et de ta préparation sur place, pas de l’avis du modèle. Revendiquer le fait maison à tort est une pratique trompeuse. L’IA propose, tu vérifies que chaque plat coché respecte bien la définition de produit brut.
6. Eau potable gratuite
L’obligation : les établissements de restauration et débits de boisson doivent indiquer de manière visible, sur leur carte ou sur un espace d’affichage, la possibilité pour le client de demander de l’eau potable gratuite. Cette obligation découle de la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire et s’applique depuis le 1er janvier 2022 (DGCCRF, restaurants droits et obligations).
Ce que l’IA aide à produire : elle rédige et place la mention sur la carte ou le support d’affichage, dans une formulation claire et lisible.
Garde-fou : une mention bien rédigée ne dispense pas de servir l’eau gratuitement à la demande. L’IA produit le texte, le service reste ta pratique.
7. Taux de TVA et cohérence des prix
L’obligation : en restauration, les plats et boissons sans alcool consommés sur place relèvent du taux de 10 %, tandis que les boissons alcoolisées relèvent de 20 % (taux de TVA applicables aux produits alimentaires et boissons, service-public.fr). Le bon taux conditionne ta facturation et ta comptabilité.
Ce que l’IA aide à produire : elle structure une grille de tes lignes de carte par taux applicable et signale une ligne dont le rattachement semble incohérent (un alcool classé à 10 %, par exemple).
Garde-fou : méfiance maximale ici. Les taux de TVA sont la cible favorite des hallucinations parce qu’ils sonnent juste. Aucun taux sorti par l’IA ne se reprend sans confirmation à la source. Le rattachement définitif de chaque produit à son taux relève de toi et de ton comptable.
Un prompt pour pré-pointer un projet de carte
Voici un prompt cadré pour faire pré-vérifier une carte. Il demande des signalements et un brouillon, jamais une garantie de conformité.
Tu prépares un PRÉ-POINTAGE d'affichage et de conformité pour la carte d'un restaurant, à valider par le restaurateur.
CONTEXTE : [TYPE D'ÉTABLISSEMENT, SERVICE FACTURÉ OUI/NON, PLATS REVENDIQUÉS FAITS MAISON OUI/NON].
CARTE et fiches techniques fournies (avec ingrédients par plat) : [LISTE].
Produis, poste par poste (prix extérieur, prix intérieur TTC et service, allergènes, origine des viandes, fait maison, eau gratuite, TVA) :
1) un brouillon de la mention ou de l'affichage attendu pour chaque poste,
2) ce qui semble manquer au regard de la carte fournie,
3) les points que je dois vérifier à la source réglementaire ou fiche fournisseur en main.
Pour les allergènes, rapproche chaque ingrédient des 14 allergènes réglementaires, mais signale tout ingrédient transformé dont la composition est incertaine.
N'affirme AUCUN taux de TVA, AUCUNE date, AUCUN montant d'amende de mémoire : marque [À VÉRIFIER À LA SOURCE] chaque chiffre et chaque référence légale.
Si une information manque pour conclure, dis-le au lieu de supposer.
Le risque cardinal : l’hallucination de chiffres et de mentions légales
Une IA générative ne « connaît » pas la réglementation : elle prédit la suite la plus plausible d’un texte. Demande-lui un taux de TVA, une date de décret, un montant d’amende ou la formulation exacte d’une mention obligatoire qu’elle n’a pas sous les yeux, et elle en fabrique une parfaitement crédible et fausse. Sur un affichage, une mention mal formulée ou un taux erroné t’expose à un redressement ou à une amende.
La parade tient en une règle : on donne le texte et la fiche à l’IA pour qu’elle les mette en forme, on ne lui demande jamais de réciter un seuil, une date ou une mention de mémoire. Toute donnée réglementaire qui sort d’un modèle se confirme sur service-public.fr, economie.gouv.fr ou Légifrance avant le moindre affichage.
Ce que l’IA ne garantira jamais à ta place
Cet encadré n’est pas un avertissement de forme : c’est la liste de ce qui reste ton contrôle, quoi que produise l’outil.
- La garantie de conformité. Un affichage généré par l'IA n'est pas un affichage conforme. La conformité se constate à la source réglementaire et fiche en main.
- La connaissance de tes produits réels. Origine d'une viande, composition d'une sauce, présence d'un allergène caché : cela vient de tes bons de livraison et étiquettes fournisseurs, pas du modèle.
- L'exactitude des chiffres et des dates. Taux de TVA, montants d'amende, dates de décret : tout se vérifie à la source. L'IA invente quand elle ne sait pas.
- La responsabilité. En cas de contrôle, c'est ton établissement. L'IA ne partage ni ne diminue ta responsabilité.
Ton premier test cette semaine
Ne refais pas toute ta signalétique d’un coup. Prends un seul poste, par exemple les allergènes d’une famille de plats, et rejoue-le avec l’IA. Donne-lui les fiches techniques ingrédient par ingrédient, fais-lui dresser la liste, puis recoupe chaque ligne avec les étiquettes de tes fournisseurs. Tu mesures le temps gagné sur la mise en forme, et la part d’erreur dans ce qu’elle remonte (allergènes oubliés dans un produit transformé, mentions approximatives). C’est en un essai cadré que tu sauras où l’outil t’aide et où il te ralentit.
Le verdict sans enrobage
L’IA fait gagner du temps sur la production de tes affichages : la carte mise au propre, le panneau extérieur, le brouillon d’allergènes, la mention fait maison au bon format, la traduction pour les touristes. Le gain est nul partout où l’on néglige la vérification. Aucun taux de TVA, aucune origine de viande, aucune liste d’allergènes ne se reprend telle que l’IA la rend : tout se confirme à la source réglementaire ou étiquette fournisseur en main.
Et ce qui te protège en cas de contrôle, l’IA n’y touche pas. La garantie de conformité reste un contrôle de professionnel, la connaissance de tes produits réels vient de tes fournisseurs, l’exactitude des chiffres se vérifie à la source, et la responsabilité reste entière. L’IA prend la mise en forme et le pré-pointage pour te rendre du temps sur le terrain où il compte : ta cuisine et ta salle. Elle te rend du temps, elle ne te met pas en règle à ta place.
À lire ensuite
- IA pour restaurateur : le guide complet : le hub du cocon, tous les usages de l’IA en restauration et leurs garde-fous.
- Construire ses fiches techniques et ses menus avec l’IA : la méthode pour structurer fiches techniques et cartes, point de départ d’un affichage allergènes fiable.
- Une carte multilingue pour accueillir les touristes avec l’IA : traduire la carte sans perdre les mentions légales obligatoires en français.
- Répondre aux avis Google avec l’IA : gérer sa e-réputation sans y passer ses soirées.
Pour savoir précisément quels affichages et quelles tâches de conformité te feraient gagner du temps sans t’exposer côté responsabilité, le diagnostic IA part de ta réalité d’établissement, pas d’un modèle générique.
Sources
- Affichage des prix en restauration (extérieur, intérieur, vins, service compris) : arrêté du 27 mars 1987 sur Légifrance
- Obligations des restaurants, prix, eau potable gratuite : DGCCRF, restaurants droits et obligations des professionnels
- Information sur les 14 allergènes en restauration (support écrit, lisible et accessible) : décret n° 2015-447 du 17 avril 2015 sur Légifrance
- Origine des viandes bovine, porcine, ovine et de volaille, mentions et sanctions : service-public, obligation d’affichage de l’origine des viandes et décret n° 2025-141 du 13 février 2025 sur Légifrance
- Mention et logo « fait maison », définition du produit brut : décret n° 2014-797 du 11 juillet 2014 sur Légifrance
- Taux de TVA en restauration : taux de TVA applicables aux produits alimentaires et boissons, service-public.fr
- Sources primaires de vérification : service-public.fr, economie.gouv.fr / DGCCRF, Légifrance
Rédigé par IA, validé par humain. Aucun éditeur cité ne nous rémunère. Cet article ne remplace ni la réglementation applicable, ni le contrôle du restaurateur sur la conformité de son établissement.