Avant de continuer : cet article fait partie d’un ensemble sur les documents du chantier de l’artisan, du devis à la réception.

Tu as décroché un lot un peu gros pour toi seul. L’électricité, tu la confies à un confrère. Sur le papier, c’est une affaire entre vous deux. En droit, ce n’est pas le cas : la sous-traitance est la seule relation entre deux entreprises du bâtiment où un tiers, le maître d’ouvrage, doit dire oui avant le premier jour de chantier, et où ce tiers peut finir par payer ton sous-traitant à ta place.

Le texte qui organise tout cela a cinquante ans, c’est la loi du 31 décembre 1975, et il vaut pour le marché privé comme pour le marché public. En marché public, il passe par un formulaire que beaucoup d’entreprises remplissent sans l’avoir jamais lu : le DC4. Cette page le prend rubrique par rubrique, puis montre ce qui change quand le client est privé.

Ce sont les règles par défaut. Ton marché, ton CCAP ou ton contrat peuvent les préciser, et un cas concret se tranche avec ses pièces, au besoin avec un conseil.

Quatre chiffres à connaître

600 € TTC
Le montant du contrat de sous-traitance à partir duquel le sous-traitant accepté d’un marché public est payé directement par l’acheteur.
Code de la commande publique, article R2193-10 · version du 1er avril 2019
21 jours
Le silence de l’acheteur, après réception d’un acte spécial complet, au-delà duquel le sous-traitant est réputé accepté et ses conditions de paiement agréées.
Code de la commande publique, article R2193-4 · version du 1er avril 2019
5 000 € HT
Le montant du contrat à partir duquel le donneur d’ordre doit se faire remettre l’attestation de vigilance de son sous-traitant, puis tous les six mois.
Code du travail, article R8222-1 · version du 1er mai 2015
1 mois
Le délai après une mise en demeure restée impayée au-delà duquel le sous-traitant d’un marché privé peut réclamer son dû directement au maître de l’ouvrage.
Loi du 31 décembre 1975, article 12 · version du 1er octobre 1994

Textes relus sur Legifrance, notice et formulaire DC4 relus sur le site de la direction des affaires juridiques, le 27 septembre 2026.

Qu’est-ce que la sous-traitance, au sens de la loi ?

La sous-traitance, c’est confier à une autre entreprise l’exécution d’une partie de ton marché, sous ta responsabilité. La loi de 1975 la définit en une phrase, et chaque mot compte :

Sous-traitance loi du 31 décembre 1975
« Au sens de la présente loi, la sous-traitance est l’opération par laquelle un entrepreneur confie par un sous-traité, et sous sa responsabilité, à une autre personne appelée sous-traitant l’exécution de tout ou partie du contrat d’entreprise ou d’une partie du marché public conclu avec le maître de l’ouvrage. »
Loi n° 75-1334, article 1er, version en vigueur depuis le 1er décembre 2010, relue sur Legifrance le 27 septembre 2026.

Trois conséquences. Tu restes responsable de tout le marché devant ton client, y compris de ce que fait ton sous-traitant. En marché public, tu ne peux sous-traiter qu’une partie des prestations, jamais le tout, et l’acheteur peut exiger que certaines tâches essentielles restent faites par toi (article L2193-3 du code de la commande publique). Et ton sous-traitant est à son tour entrepreneur principal à l’égard de ses propres sous-traitants (article 2 de la loi) : la chaîne entière est soumise aux mêmes règles.

La co-traitance est autre chose. Plusieurs entreprises signent ensemble le marché, en groupement. Dans un groupement conjoint, chacune s’engage pour les prestations qui lui sont attribuées ; dans un groupement solidaire, chacune est « engagée financièrement pour la totalité du marché » (article R2142-20). Le mandataire du groupement le représente et, si le marché le prévoit, peut être solidaire des autres membres même en groupement conjoint (article R2142-24). Ton cotraitant n’a pas à être « accepté » : il est déjà partie au marché.

Immeuble de logements en construction dans une rue commerçante, structure en béton sur plusieurs étages, grue à tour au-dessus et palissade au pied.
Immeuble en construction à Lyon, en 2019. Sur un chantier à plusieurs entreprises, tout commence par savoir qui a signé avec qui. Photo : Romainbehar, Wikimedia Commons, CC0 1.0, couleurs retraitées.
Qui accepte le sous-traitant, et qui le paie Trois acteurs empilés. En haut, le maître d’ouvrage, acheteur en marché public : il accepte le sous-traitant et agrée ses conditions de paiement. Au milieu, le titulaire du marché, entrepreneur principal : il présente le sous-traitant, par un DC4 en marché public ou par une lettre en marché privé, et reste seul responsable de tout le marché. En bas, le sous-traitant : le titulaire lui confie une partie des travaux par un sous-traité. Une flèche en pointillés va directement du maître d’ouvrage au sous-traitant : c’est le paiement direct du marché public. En pied, deux cartes. Marché public : paiement direct par l’acheteur dès 600 euros toutes taxes comprises, article R2193-10 du code de la commande publique et article 6 de la loi de 1975. Marché privé : caution personnelle et solidaire ou délégation de paiement, sinon le sous-traité est nul, article 14 de la loi de 1975, et action directe contre le maître de l’ouvrage un mois après une mise en demeure, article 12. Maître d’ouvrage, acheteur accepte le sous-traitant et agrée ses conditions de paiement présente le sous-traitant DC4 en public, lettre en privé Titulaire, entrepreneur principal reste seul responsable de tout le marché confie une partie des travaux par un sous-traité Sous-traitant accepté, paiement agréé paiement direct Marché public payé par l’acheteur dès 600 € TTC R2193-10 · loi, art. 6 Marché privé caution ou délégation, sinon sous-traité nul loi, art. 12 et 14
Schéma 1 Le maître d’ouvrage accepte le sous-traitant, et en marché public il le paie Le titulaire présente, le maître d’ouvrage accepte et agrée, le sous-traitant exécute. En marché public, l’argent peut sauter le titulaire ; en marché privé, il passe par lui, mais une caution ou une délégation doit le garantir. Sources : loi n° 75-1334, articles 3, 6, 12 et 14 ; code de la commande publique, article R2193-10.

Qu’est-ce que le DC4, et est-il obligatoire ?

Le DC4 est le modèle de déclaration de sous-traitance publié par la direction des affaires juridiques du ministère de l’économie. La version en vigueur est « applicable à compter du 1er janvier 2024 » (page des formulaires DC). Sa notice le décrit comme le document qui sert « pour présenter un sous-traitant et obtenir son acceptation ainsi que l’agrément de ses conditions de paiement », et précise : un DC4 par sous-traitant.

La trouvaille Le DC4 n’est pas obligatoire. Sa notice l’écrit en toutes lettres : son utilisation « est facultative, sauf exigence contraire de l’acheteur » (notice explicative du DC4, mise à jour du 12 octobre 2023). Ce qui est obligatoire, c’est la déclaration : pas de sous-traitance sans acceptation du sous-traitant et agrément de ses conditions de paiement (article L2193-4), avec le contenu que fixe l’article R2193-1. Tu peux donc utiliser ton propre document, à condition qu’il porte tout ce que le code exige, et que ton règlement de consultation n’impose pas le DC4. En pratique, le formulaire officiel est le plus sûr moyen de ne rien oublier.

Le contenu obligatoire de toute déclaration, DC4 ou non, tient en cinq points et une attestation (article R2193-1) : la nature des prestations sous-traitées ; le nom, la raison sociale et l’adresse du sous-traitant ; « le montant maximum des sommes à verser au sous-traitant » ; les conditions de paiement prévues par le projet de contrat, et la variation des prix le cas échéant ; les capacités du sous-traitant si tu t’appuies sur elles pour ta candidature. S’y ajoute une déclaration du sous-traitant qu’il n’est dans aucun cas d’exclusion des marchés publics.

Ce qui a changé en 2026 Depuis le 28 mai 2026, le chapitre du code de la commande publique sur la sous-traitance vise, pour les travaux, les marchés « pour lesquels l’acheteur est maître d’ouvrage » (article L2193-1, modifié par la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026). Si l’acheteur public a confié la maîtrise d’ouvrage à un tiers, vérifie dans ton marché quel régime s’applique avant de remplir un DC4.

Quand remettre le DC4, et que vaut le silence de l’acheteur ?

Il y a deux moments, et ils n’ont pas les mêmes effets.

Avec l’offre. Tu annexes un DC4 par sous-traitant à ton offre. La notification du marché « emporte acceptation du sous-traitant et agrément des conditions de paiement » (article R2193-2). La notice précise que, sauf si l’acheteur exige la signature dès l’offre, le DC4 n’a pas à être signé avant l’attribution ; l’acheteur la réclamera avant de notifier.

En cours de chantier. Tu remets le DC4 à l’acheteur contre récépissé ou par lettre recommandée avec accusé de réception, et tu établis qu’aucune cession ni aucun nantissement de tes créances ne fait obstacle au paiement direct, pièces à l’appui (article R2193-3). Le DC4 est alors un acte spécial, signé par toi et ton sous-traitant avant l’envoi. L’acceptation se constate par la signature de l’acheteur, ou par son silence : « Le silence de l’acheteur gardé pendant vingt-et-un jours à compter de la réception des documents » vaut acceptation et agrément (article R2193-4). Les vingt et un jours courent de la réception de la déclaration et des pièces exigées ; s’il en manque, l’acheteur les réclame dans ce délai, selon la notice.

Pour changer quelque chose. Un sous-traitant qui prend un lot de plus, un montant qui bouge : la notice veut un acte spécial modificatif, qui « annule et remplace » la déclaration précédente. Toute modification de la répartition des prestations entre le titulaire et les sous-traitants payés directement l’exige.

Comment remplir le DC4, rubrique par rubrique ?

Le formulaire compte quatorze rubriques, de A à N. Voici ce que chacune demande, d’après le formulaire en vigueur et sa notice (formulaires DC de la direction des affaires juridiques), et l’erreur qui revient.

Les rubriques du DC4, version applicable depuis le 1er janvier 2024
RubriqueCe que tu y metsLe piège
A · AcheteurL’identité de l’acheteur telle qu’elle figure dans l’avis, et la personne qui renseigne sur les cessions et nantissements de créances.Une référence d’avis au BOAMP ou au JOUE suffit : inutile de tout recopier.
B · Objet du marchéL’objet du marché et, s’il est alloti, le lot concerné.Le lot ne dit pas ce que fait le sous-traitant : c’est la rubrique F.
C · Objet de la déclarationUne case : annexe à l’offre, acte spécial, ou acte spécial modificatif.Un modificatif doit désigner précisément la déclaration qu’il remplace.
D · TitulaireTon entreprise : dénomination, adresses, SIRET, forme juridique, et le mandataire si tu es en groupement.En groupement, le DC4 est signé par tous les membres ou par le mandataire habilité.
E · Sous-traitantSon identité, son SIRET, sa forme juridique, son immatriculation, qui peut l’engager, et s’il est une PME ou un artisan.La case PME ou artisan compte : elle joue sur la périodicité de ses acomptes, dit la notice.
F · Nature des prestationsCe que le sous-traitant exécute, repris tel quel du contrat de sous-traitance.Trop vague « Lot 3 » ne suffit pas, écrit la notice : décris les prestations. Et seule une partie du marché peut être sous-traitée.
G · PrixLe montant du contrat de sous-traitance, taux de TVA, HT et TTC ; ou le seul montant hors taxe si les travaux relèvent de l’autoliquidation ; la formule de variation des prix ; la case « droit au paiement direct ».Ce montant, revalorisé, est le plafond des sommes payées directement : un DC4 sous-évalué bloque ton sous-traitant.
H · PaiementLe compte à créditer, avec son RIB joint, et la demande d’avance du sous-traitant.Le sous-traitant payé directement peut demander l’avance même si le titulaire y renonce.
I · DuréeLa durée du contrat de sous-traitance, en nombre entier de mois.On arrondit au mois supérieur : 20 jours font 1 mois.
J · CapacitésLes pièces sur les capacités du sous-traitant, si l’acheteur les exige ou si ta candidature s’appuie sur elles.Inutile de les redonner si elles figurent déjà dans ton DC2.
K · AttestationsLa déclaration sur l’honneur du sous-traitant qu’il n’est dans aucun cas d’exclusion.Une fausse déclaration relève du faux, rappelle la notice (article 441-1 du code pénal).
L · CréancesPour un acte spécial, la preuve qu’aucune cession ni aucun nantissement ne fait obstacle au paiement direct.Sans l’exemplaire unique, le certificat de cessibilité ou une mainlevée, l’acheteur ne peut pas accepter.
M · SignaturesTa signature et celle du sous-traitant ; pour un acte spécial, celle de l’acheteur, ou son silence de vingt et un jours.En cours d’exécution, les deux entreprises signent avant l’envoi.
N · NotificationLa remise de l’acte spécial au titulaire par l’acheteur.Chaque sous-traitant payé directement doit recevoir une copie du marché, du certificat de cessibilité ou de l’acte spécial.

Deux rubriques méritent qu’on s’y arrête. La rubrique G fixe le plafond du paiement direct : ce que le sous-traitant pourra se faire payer par l’acheteur, c’est ce montant, revalorisé s’il y a une formule de variation. Si le lot sous-traité grossit, c’est un acte spécial modificatif qu’il faut, pas une facture plus lourde. Et si les travaux relèvent de l’autoliquidation de la TVA, le formulaire prévoit une ligne à part, montant hors taxe seul : le détail de cette règle est sur la page facture d’acompte. La rubrique I, la durée en mois, la notice la rattache à l’arrêté du 22 décembre 2022 sur les données essentielles des marchés : c’est ce qui explique l’arrondi au mois entier.

Le paiement direct : à partir de quel montant, et comment ?

En marché public, le sous-traitant de premier rang accepté, dont les conditions de paiement sont agréées, est payé directement par l’acheteur pour sa part du marché, dès que son contrat atteint 600 euros toutes taxes comprises (article R2193-10 ; article 6 de la loi de 1975). Trois verrous le protègent : ce paiement reste dû même si le titulaire est en liquidation, en redressement ou en sauvegarde (L2193-12) ; « Toute renonciation au paiement direct est réputée non écrite » (L2193-11) ; et ton sous-traitant peut demander l’avance, dont l’assiette est le montant de sa rubrique G, selon la notice du DC4.

Le circuit de chaque demande passe d’abord par toi. Le sous-traitant t’adresse sa demande de paiement ; tu as « quinze jours à compter de la date de réception ou du récépissé » pour l’accepter ou la refuser, en le notifiant au sous-traitant et à l’acheteur (article R2193-12). Le reste de la procédure, et la raison pour laquelle une demande envoyée après le décompte général définitif (DGD) arrive trop tard, est détaillé sur la page du DGD.

Sous le seuil de 600 euros, ou pour un sous-traitant de second rang, pas de paiement direct : ce sont les garanties de la loi de 1975 qui s’appliquent (L2193-10), et le sous-traitant qui sous-traite à son tour doit une caution personnelle et solidaire ou une délégation de paiement à son propre sous-traitant (L2193-14).

En marché privé : acceptation, caution, action directe

La loi de 1975 ne s’arrête pas au marché public. Son article 3 impose à l’entrepreneur principal, dans tout contrat d’entreprise, de faire accepter chaque sous-traitant et agréer ses conditions de paiement par le maître de l’ouvrage, « au moment de la conclusion et pendant toute la durée du contrat ». Pas de formulaire : selon la FFB, « Une simple lettre adressée par l’entrepreneur principal au maître de l’ouvrage suffit », et la norme NF P 03-001 répute l’acceptation acquise si le maître d’ouvrage ne répond pas sous quinze jours à une demande envoyée en recommandé. Cette règle vient de la norme, pas de la loi : elle ne joue que si ton contrat s’y réfère.

La garantie de paiement. « A peine de nullité du sous-traité », ce que tu dois à ton sous-traitant est garanti par une caution personnelle et solidaire, sauf si tu lui délègues le maître de l’ouvrage (article 14). La FFB précise que la caution doit être nominative et chiffrée. Le texte ne laisse pas de choix : l’une ou l’autre, avant que le sous-traitant ne travaille.

L’action directe. Si tu ne paies pas ton sous-traitant « un mois après en avoir été mis en demeure », il peut se retourner contre le maître de l’ouvrage, et toute renonciation à cette action est réputée non écrite (article 12). Le maître de l’ouvrage n’est tenu que dans la limite de ce qu’il te doit encore à la réception de la mise en demeure (article 13).

Le maître d’ouvrage n’est pas spectateur. Sur un chantier de bâtiment ou de travaux publics, s’il sait qu’un sous-traitant non déclaré intervient, il doit mettre l’entrepreneur principal ou le sous-traitant en demeure de régulariser, et exiger la justification de la caution quand le sous-traitant accepté n’a pas de délégation de paiement (article 14-1). Exception : la personne physique qui fait construire un logement pour elle ou sa famille.

La même loi, deux régimes
QuestionMarché publicMarché privé
Comment faire accepterDéclaration avec l’offre, acceptée par la notification ; en cours d’exécution, acte spécial accepté par signature ou 21 jours de silence (R2193-4).Une lettre au maître de l’ouvrage (art. 3) ; 15 jours de silence si le contrat renvoie à la NF P 03-001.
Qui garantit le paiementL’acheteur Paiement direct dès 600 € TTC pour le premier rang (R2193-10).Une caution Ou une délégation de paiement, à peine de nullité du sous-traité (art. 14).
Si le titulaire ne paie pasLe paiement direct ne dépend pas de lui : il a 15 jours pour accepter ou refuser chaque demande (R2193-12).Action directe contre le maître de l’ouvrage un mois après la mise en demeure (art. 12).
Sans acceptationSous CCAG Travaux 2021, résiliation pour faute possible (art. 3.6.1.4 et 50.3).Tu restes tenu envers le sous-traitant sans pouvoir lui opposer le contrat (art. 3).

Que risques-tu à sous-traiter sans acceptation ?

Deux choses, qui se cumulent en marché public.

Face à ton sous-traitant, tu restes tenu envers lui, mais tu « ne pourras invoquer le contrat de sous-traitance » contre lui (article 3 de la loi de 1975). Concrètement, les clauses du sous-traité qui jouaient en ta faveur ne te servent plus contre lui.

Face à l’acheteur, dans un marché soumis au CCAG Travaux 2021 : « Le recours à la sous-traitance, sans acceptation préalable du sous-traitant et sans agrément préalable des conditions de paiement, expose le titulaire à l’application des mesures prévues à l’article 50.3 » (article 3.6.1.4), et l’article 50.3 est celui de la résiliation pour faute du titulaire (article 50). Le même article 3.6 t’oblige à communiquer ton contrat de sous-traitance si le maître d’ouvrage le demande : quinze jours après sa mise en demeure, une pénalité journalière de 1/1000 du montant hors taxes du marché, ou de la tranche concernée, court, et au-delà de trente jours, c’est encore l’article 50.3. Le CCAG Travaux 2021 détaille les autres articles qui coûtent de l’argent.

Attestation de vigilance : quoi, quand, et ce qui change fin 2026

C’est l’autre vérification du donneur d’ordre, et elle ne dépend pas de la loi de 1975 mais du code du travail. Dès que ton contrat avec un sous-traitant atteint 5 000 euros hors taxes (article R8222-1), tu dois vérifier, à la signature puis périodiquement jusqu’à la fin, qu’il s’acquitte de ses obligations déclaratives (article L8222-1).

Tu es réputé l’avoir fait si tu te fais remettre, à la conclusion du contrat puis tous les six mois, une attestation de fourniture des déclarations sociales et de paiement des cotisations datant de moins de six mois, dont tu vérifies l’authenticité auprès de l’organisme de recouvrement, et, s’il est immatriculé, un extrait K ou K bis, un extrait d’immatriculation au registre des métiers ou l’un des autres documents que l’article énumère (article D8222-5, version en vigueur depuis le 1er janvier 2023). Faute de quoi, si ton sous-traitant fait l’objet d’un procès-verbal pour travail dissimulé, tu peux être tenu solidairement de ses impôts et cotisations, des aides publiques à rembourser et des salaires dus (article L8222-2).

À venir, au plus tard fin 2026 La loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 crée un article L8222-1-1 du code du travail : le maître de l’ouvrage devra vérifier lui aussi, « périodiquement, jusqu’à la fin de l’exécution du contrat de sous-traitance », que chaque sous-traitant qu’il accepte au titre de la loi de 1975 ou de l’article L2193-4 est en règle (article L8222-1-1, version à venir). Le seuil et la liste des pièces seront fixés par décret, et le texte entre en vigueur au plus tard six mois après la promulgation de la loi. Le particulier qui fait travailler pour son usage personnel ou familial en est exclu. Conséquence pour toi : attends-toi à ce que ton client te demande les attestations de tes sous-traitants, et garde-les à jour.

Ce que l’IA fait vraiment sur un dossier de sous-traitance

Un dossier de sous-traitance est un assemblage de pièces répétitives : c’est le terrain où l’IA fait gagner du temps sans rien engager, à condition de lui donner les faits et de relire.

Ce qu’elle fait bien. Préparer la trame des rubriques F, G, H et I du DC4 à partir de ton sous-traité. Rédiger la lettre d’acceptation d’un marché privé. Tenir un échéancier des attestations de vigilance, à six mois moins une semaine. Mettre en forme le compte rendu de coordination de tes sous-traitants, comme on le fait pour un compte rendu de chantier.

Intérieur en travaux : cloisons en plaques de plâtre, collecteur de plomberie encastré dans le mur, gaine de ventilation, fourreaux qui sortent de la chape.
Des réseaux encore apparents avant la fermeture des cloisons. Le plaquiste passe après l’électricien, et chaque retard décale le suivant. Photo : Steffen Lemmerzahl, Unsplash, Licence Unsplash, couleurs retraitées.
Tu prépares, pour un artisan du bâtiment titulaire d'un marché public,
la trame d'une déclaration de sous-traitance sur le modèle DC4.
Tu n'inventes rien : chaque donnée vient de ce que je te fournis.

DONNÉES DU SOUS-TRAITÉ :
- Marché et lot : [OBJET DU MARCHÉ, LOT].
- Moment : [AVEC L'OFFRE / EN COURS D'EXÉCUTION / MODIFICATION D'UN ACTE SPÉCIAL].
- Prestations confiées : [DESCRIPTION PRÉCISE, REPRISE DU SOUS-TRAITÉ].
- Montant : [MONTANT HT, TAUX DE TVA, OU « AUTOLIQUIDATION »].
- Variation des prix : [FORMULE OU « PRIX FERMES »].
- Conditions de paiement : [DÉLAIS, ACOMPTES, AVANCE DEMANDÉE OU NON].
- Durée du sous-traité : [DATES OU DURÉE].

PRODUIS :
1. Le texte des rubriques F (nature), G (prix), H (paiement) et I (durée
   en nombre entier de mois, arrondi au mois supérieur).
2. La liste des pièces à joindre selon le moment choisi, en signalant
   celles qui manquent.
3. Si le moment est « en cours d'exécution » : la date à laquelle
   courront les vingt et un jours, à compléter par la date de réception.

RÈGLES : écris [À COMPLÉTER] pour toute donnée absente. Ne qualifie pas
le marché, ne dis pas si le sous-traitant a droit au paiement direct :
ce sont des décisions que je prends sur mes pièces.

Ce qu’elle ne fait pas. Vérifier l’authenticité d’une attestation de vigilance, qui se fait auprès de l’Urssaf. Dire si ton marché relève encore du chapitre sous-traitance du code depuis le 28 mai 2026 (article L2193-1). Choisir entre caution et délégation de paiement, qui se négocie avec ta banque et ton client. Et signer : le DC4 t’engage, toi et ton sous-traitant, sur ses déclarations.

Côté données, ne colle dans un assistant grand public ni RIB, ni attestation nominative, ni numéro SIRET complet : décris les prestations et les montants, et réintègre les identifiants dans ton document final, hors de l’outil.

Fiche pratique

Présenter un sous-traitant sans se faire bloquer

Onze contrôles, avant le premier jour du sous-traitant sur le chantier. Chacun renvoie à une règle expliquée plus haut.

Dans tous les cas

  • Le montage est qualifié : sous-traitance ou groupement, marché public ou privé.
  • L’attestation de vigilance date de moins de six mois et son authenticité est vérifiée, dès 5 000 € HT de contrat.
  • La prochaine attestation est à l’agenda, six mois après la précédente.
  • Les prestations sous-traitées sont décrites, pas seulement le lot, et elles ne font qu’une partie du marché.

Marché public

  • Un DC4 par sous-traitant, ou un document qui porte tout le contenu de l’article R2193-1.
  • Le montant de la rubrique G couvre tout le lot confié : c’est le plafond du paiement direct.
  • Le RIB du sous-traitant est joint, et la durée est écrite en mois entiers.
  • En cours d’exécution, les deux signatures sont posées, l’envoi se fait contre récépissé ou en recommandé, avec la preuve qu’aucune cession de créances ne bloque le paiement direct.
  • La date de réception est notée : vingt et un jours de silence valent acceptation.

Marché privé

  • La lettre d’acceptation est partie au maître de l’ouvrage, en recommandé.
  • La caution nominative ou la délégation de paiement est signée avant le démarrage : sans elle, le sous-traité est nul.

Isoler la fiche pour l’imprimerC’est prêt : lance l’impression (Ctrl+P, ou Cmd+P sur Mac), seule la fiche sortira.Fiche tirée de « DC4 et sous-traitance BTP : acceptation, paiement direct », productiv-ia.fr

À lire ensuite

Pour savoir quelles pièces de ton activité gagneraient à être préparées par l’IA sans t’exposer sur celles qui engagent, le diagnostic IA part de ta réalité de terrain, pas d’un modèle générique.

Sources

  • Légifrance, loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance : articles 1er (définition, version du 1er décembre 2010), 2 (sous-traitant entrepreneur principal de ses propres sous-traitants), 3 (acceptation et agrément à la conclusion et pendant toute la durée du contrat, effets du défaut), 6 (paiement direct, seuil de 600 euros, version du 1er avril 2019), 12 (action directe un mois après mise en demeure), 13 (limite de l’action directe), 14 (caution ou délégation à peine de nullité, version du 1er octobre 2016) et 14-1 (obligations du maître de l’ouvrage, exception du particulier) · vérifié le 27 septembre 2026
  • Légifrance, code de la commande publique, articles L2193-1 (champ du chapitre, version du 28 mai 2026 issue de la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026), L2193-2, L2193-3, L2193-4, L2193-10, L2193-11, L2193-12 et L2193-14 · vérifié le 27 septembre 2026
  • Légifrance, code de la commande publique, articles R2193-1 (contenu de la déclaration), R2193-2 (notification valant acceptation), R2193-3 (acte spécial en cours d’exécution), R2193-4 (vingt et un jours de silence), R2193-10 (600 euros TTC) et R2193-12 (quinze jours pour le titulaire), versions du 1er avril 2019 · vérifié le 27 septembre 2026
  • Légifrance, code de la commande publique, articles R2142-20 (groupement conjoint et groupement solidaire) et R2142-24 (mandataire) · vérifié le 27 septembre 2026
  • Légifrance, CCAG Travaux 2021, article 3, point 3.6 (sous-traitance directe et indirecte, communication du contrat, pénalité de 1/1000, renvoi à l’article 50.3), version du 8 octobre 2021, et article 50 (cas de résiliation, 50.3 résiliation pour faute du titulaire), version du 1er janvier 2023 · vérifié le 27 septembre 2026
  • Légifrance, code du travail, articles L8222-1, R8222-1 (5 000 euros hors taxes), D8222-5 (pièces à la conclusion puis tous les six mois, version du 1er janvier 2023), L8222-2 (solidarité financière) et L8222-1-1 (vigilance du maître de l’ouvrage, créé par la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026, entrée en vigueur par décret au plus tard six mois après la promulgation) · vérifié le 27 septembre 2026
  • Ministère de l’économie, direction des affaires juridiques, formulaires de déclaration du candidat : formulaire DC4 applicable à compter du 1er janvier 2024 et sa notice explicative, dernière mise à jour du 12 octobre 2023 (usage facultatif sauf exigence de l’acheteur, un DC4 par sous-traitant, rubriques A à N, durée en mois, paiement direct du seul premier rang, avance) · lus le 27 septembre 2026 (la page refuse les robots, elle s’ouvre dans un navigateur)
  • Fédération française du bâtiment, sous-traitance : quels sont les garanties et recours possibles, page datée du 30 décembre 2016 : lettre d’acceptation en marché privé, acceptation réputée acquise après quinze jours selon la norme NF P 03-001, caution nominative et chiffrée · vérifié le 27 septembre 2026

Rédigé par IA, validé par humain. Cette page ne remplace ni les textes en vigueur, ni les pièces particulières de ton marché ou de ton contrat, ni l’avis d’un conseil sur un cas concret.

Questions fréquentes

Le DC4 est-il obligatoire ?
Le formulaire, non ; la déclaration, oui. La notice de la direction des affaires juridiques présente le DC4 comme un modèle dont l’utilisation « est facultative, sauf exigence contraire de l’acheteur » (formulaires DC). Mais l’article L2193-4 du code de la commande publique n’autorise la sous-traitance qu’après acceptation du sous-traitant et agrément de ses conditions de paiement, et l’article R2193-1 liste ce que la déclaration doit contenir : nature des prestations, identité du sous-traitant, montant maximum des sommes à lui verser, conditions de paiement et variation des prix, et une déclaration du sous-traitant qu’il n’est pas exclu des marchés publics. Si tu n’utilises pas le DC4, ton document doit porter tout cela.
Faut-il faire accepter un sous-traitant en marché privé ?
Oui. L’article 3 de la loi du 31 décembre 1975 impose à l’entrepreneur principal de faire accepter chaque sous-traitant et agréer ses conditions de paiement par le maître de l’ouvrage, à la conclusion et pendant toute la durée du contrat, marché public ou privé. En privé, une simple lettre suffit, et la norme NF P 03-001 répute l’acceptation acquise faute de réponse sous quinze jours à une demande envoyée en recommandé, selon la FFB (la norme ne joue que si ton contrat s’y réfère). Le maître d’ouvrage qui découvre un sous-traitant non déclaré sur son chantier doit mettre l’entreprise en demeure de régulariser (article 14-1), sauf s’il est un particulier qui fait construire son propre logement.
À partir de quel montant le sous-traitant est-il payé directement ?
En marché public, dès que le contrat de sous-traitance atteint 600 euros toutes taxes comprises (article R2193-10 du code de la commande publique), pour le sous-traitant de premier rang accepté et dont les conditions de paiement sont agréées. Le paiement direct reste dû même si le titulaire est en liquidation ou en redressement judiciaire, et toute renonciation à ce paiement est réputée non écrite (L2193-11 et L2193-12). Sous le seuil, ou pour un sous-traitant de second rang, ce sont la caution ou la délégation de paiement de la loi de 1975 qui protègent (L2193-10).
Que risque le titulaire qui sous-traite sans acceptation ?
Face au sous-traitant, il reste tenu envers lui mais « ne pourra invoquer le contrat de sous-traitance » à son encontre (article 3 de la loi de 1975). Face à l’acheteur, dans un marché soumis au CCAG Travaux 2021, la sous-traitance sans acceptation ni agrément préalables expose aux mesures de l’article 50.3, c’est-à-dire à la résiliation pour faute, et le défaut de communication du contrat de sous-traitance quinze jours après une mise en demeure coûte une pénalité journalière de 1/1000 du montant hors taxes du marché (article 3.6.1, article 50).
Sous-traitance ou co-traitance : quelle différence ?
Le sous-traitant exécute une partie du marché pour le titulaire, sous la responsabilité de celui-ci, sans être partie au marché (article L2193-2). Le cotraitant est membre d’un groupement qui signe le marché. Dans un groupement conjoint, chacun s’engage pour les prestations qui lui sont attribuées ; dans un groupement solidaire, chacun est « engagé financièrement pour la totalité du marché » (article R2142-20). Le mandataire représente le groupement et peut, si le marché le prévoit, être solidaire des autres membres même dans un groupement conjoint (article R2142-24).